Résumé
Cet article s'intéresse aux critères d'évaluation de la traduction poétique à partir de l'analyse des réflexions de Jules Legras et d'une pratique de traduction menée dans le cadre de l'enseignement du français langue étrangère. Il montre que les choix traductifs ne peuvent être appréciés indépendamment de la finalité poursuivie. L'analyse des Réflexions sur l'art de traduire (Legras, 1939) met en évidence une conception de la traduction poétique orientée vers une finalité essentiellement littéraire, où la priorité est accordée au rythme, à l'organisation intonative et à la restitution de l'effet poétique, au détriment de la rime. Cette approche est ensuite confrontée à des traductions de poèmes ukrainiens réalisées à des fins didactiques auprès d'apprenants ukrainophones. Dans ce contexte, le maintien de la rime répond à des objectifs spécifiques, tels que la mémorisation, le développement de la conscience phonologique, l'observation de phénomènes grammaticaux et lexicaux, ainsi que le maintien de la motivation des apprenants. L'étude montre ainsi que des stratégies traductives apparemment opposées peuvent être également pertinentes dès lors qu'elles répondent à des finalités différentes. Les critères d'évaluation d'une traduction poétique apparaissent ainsi étroitement liés aux objectifs de la traduction et au public auquel elle s'adresse..

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